Doctorant·e·s

Sujet de thèse : « Évaluer la réponse migratoire au changement climatique dans l’espace arctique suédois ». Sous la direction de Didier Breton (Université de Strasbourg/SAGE) et Guillaume Le Roux (INED)

Description : Le dérèglement climatique est plus que jamais un sujet d’actualité, mis en avant par de nombreux observateurs depuis plus de trente ans. Ses impacts directs et indirects menacent les populations humaines tout autour du globe. Plus que n’importe quelle région, l’Arctique est confronté à des changements climatiques très importants ; il s’agit du phénomène d’amplification arctique. Cette région offre une dichotomie inédite quant à son potentiel de peuplement : d’une part les modifications de son climat menacent les populations, mais permettent d’autre part le développement d’activités économiques. Cette thèse s’intéresse à la modification du potentiel de peuplement de la région arctique ainsi qu’à la (re)composition des dynamiques migratoires infranationales en Suède. Fondée sur l’analyse croisée de sources de données démographiques (registre suédois) et de données environnementales (de télédétection), elle vise à compléter et enrichir le spectre de la recherche sur les impacts du changement climatique sur les populations humaines.

Financement : École des Hautes Études en Démographie (HED)

 t.bureau[at]unistra.fr 

Sujet de thèse : « Les familles sans fils en Asie du Sud : un nouvel indicateur démographique pour appréhender la préférence pour les garçons ? ». Sous la direction de Sylvie Dubuc (Université de Strasbourg/SAGE) et Christophe Z. Guilmoto (CEPED/IRD)

Description : La démographie de l'Asie du Sud a été influencée par le phénomène de la préférence masculine, où les parents préfèrent la naissance d'un fils à celle d'une fille, et ce, en raison des cultures patrilinéaires et patrilocales. Ce phénomène s'est traduit par deux facteurs : les discriminations postnatales (entraînant une mortalité féminine excessive), et les discriminations prénatales (via la fécondité préférentielle et la sélection sexuelle prénatale). Néanmoins, tous les pays en Asie du Sud n'ont pas connu les mêmes formes et effets de la préférence masculine sur leur démographie. Si la sélection sexuelle prénatale diminue la probabilité pour une famille d’être sans fils, elle ne l'élimine pas. De même, la baisse de la fécondité augmente la probabilité que les familles n'aient pas de fils. Ainsi, l'augmentation du nombre de familles sans fils pourrait potentiellement remettre en question les systèmes patrilinéaires en Asie du Sud, comme cela a pu être le cas dans d’autres pays. Cette thèse a pour objectif de modéliser les familles sans fils en considérant leur distribution comme le résultat des différentes formes de discriminations, et ce, via une comparaison internationale en Asie du Sud. Ensuite, ce travail analysera plus en détail l’émergence des familles sans fils en Inde, et leur potentiel impact sur les systèmes patrilinéaires.

Financement : École des Hautes Études en Démographie (HED)

 pe.charlier[at]unistra.fr 

Sujet de thèse : « La fécondité réunionnaise : un modèle particulier de stalling fertility en France ». Sous la direction de Didier Breton (Université de Strasbourg/SAGE) 

Description : Les évolutions démographiques sont le fruit de l'adoption de nouvelles normes culturelles et de système de valeurs, particulièrement en ce qui concerne la fécondité. La diffusion spatiale se fait à des vitesses variables, ceci même à l'échelle infranationale. L'évolution de l'indicateur de fécondité à La Réunion et à la Guadeloupe reflète une forme de résistance à l'adoption des nouvelles normes comportementales en matière de fécondité. Ces nouvelles normes comportementales régissant la fécondité en France métropolitaine depuis la fin des années 1970 semblent être complètement assimilées par la société martiniquaise. Pourquoi donc ces trois départements d'outre-mer français qui ont des caractéristiques communes, notamment l'insularité et un contexte socioéconomique défavorable comparativement à la métropole, adoptent-ils des comportements de fécondité différents ? Sachant que le contexte socioéconomique fait partie des déterminants clés dans l'analyse de la transition de la fécondité. C'est la question centrale à laquelle nous ambitionnons de répondre par cette thèse. Pour ce faire, nous nous appuierons, d'une part, sur les données des deux éditions de l'enquête rétrospective et biographique Migrations, Familles et Vieillissements (MFV) pour analyser la fécondité et son évolution dans ces départements par des méthodes directes ; et d'autre part, à l'aide des données du Recensement de la Population (RP), nous appliquerons la méthode d'analyse indirecte du Décompte des Enfants au Foyer (DEF) dans une perspective de comparaisons avec certains départements métropolitains.

Financement : École des Hautes Études en Démographie (HED)

 hounkpatintotinm[at]unistra.fr 

Sujet de thèse : « Les trajectoires des jeunes adultes, (im)mobilités résidentielles, emploi et dynamiques transfrontalières : approche multidimensionnelle pour une compréhension des phénomènes en Lorraine ». Sous la direction de Sylvie Dubuc (Université de Strasbourg/SAGE) et Philippe Cordazzo (Université de Strasbourg/SAGE)

Description : Cette thèse a pour objectif de mesurer les liens entre mobilités résidentielles et les trajectoires individuelles de formation et d’emploi des résidents de la Lorraine. Face aux enjeux sociétaux et économiques actuels, de nombreuses problématiques autour de l’attractivité et des inégalités territoriales émergent. Il s’agit d’analyser les trajectoires d’emploi en fonction des qualifications des jeunes adultes et comment ces trajectoires s’associent aux mobilités différenciées des jeunes adultes de ces territoires, s’interrogeant sur l’(in)adéquation formation-marché du travail local et transfrontalier. Ce travail se base sur des données multiples (recensement, Enquêtes Générations, Échantillon Démographique Permanent, fichiers mobilités transfrontalières…), avec une approche interdisciplinaire et des méthodes majoritairement quantitatives (multivariées, multiniveaux, longitudinales, analyses spatiales, patterns de l'(im)mobilité) et un approche complémentaire qualitative (entretiens semi-directifs).

Financement : Région Grand-Est. Label ITI-MAKErS

 joubaire[at]unistra.fr 

Sujet de thèse : « Les musulmans de  l’« autre Europe ». Construire et compter les identités : recompositions démographiques et territoriales dans l’espace yougoslave (1945‑2025) ». Sous la direction de Didier Breton (Université de Strasbourg/SAGE) et Christophe Bergouignan (Université de Bordeaux/COMPTRASEC)

Description : Située au cœur des Balkans, la Yougoslavie, puis ses États successeurs, a longtemps été perçue comme l’« autre Europe » : une périphérie à la fois proche et lointaine, marquée par une « complexité » politique, ethnique et religieuse, et par la supposée permanence des haines ancestrales entre les groupes ethniques. Dans cette représentation, les communautés musulmanes, principalement les Musulmans/Bosniaques et les Albanais, y apparaissent comme doublement altérisées.
Pourtant, la réalité de cet espace fédéral fut et y demeure celle d’une diversité ethnique et religieuse relativement rare en Europe. Ces deux groupes musulmans sont même devenus majoritaires dans certaines républiques fédérées : les Albanais au Kosovo, dès le recensement de 1948, et les Musulmans (devenus Bosniaques) en Bosnie-Herzégovine à partir de 1971. Ces dynamiques s’expliquent notamment par des processus de reconnaissance institutionnelle : la constitution yougoslave de 1971 reconnaît les « Musulmans » comme catégorie ethnique à part entière, détachée de la pratique religieuse et bénéficiant à ce titre de leur propre nation constitutive, tandis que les Albanais, minorité nationale reconnue, connaissent une certaine continuité démographique et territoriale.
Sur la base des séries statistiques issues des recensements yougoslaves (1945‑1991) et post-yougoslaves (Bosnie-Herzégovine, Serbie et Kosovo), cette thèse propose d’analyser, historiquement, les recompositions démographiques et territoriales des principales communautés musulmanes à l’œuvre dans l’espace yougoslave. À travers une approche critique de la catégorisation ethnique, elle interroge la manière dont une identité religieuse a pu se transformer en identité nationale, dans le cas des Musulmans/Bosniaques, en la comparant à celle des Albanais, définis uniquement comme groupe ethnique. Elle vise également à comparer ces deux communautés musulmanes au reste des groupes ethniques présents dans cet espace. En prenant la Yougoslavie comme cas-limite, il s’agit de réfléchir à la façon dont se fabrique, hier comme aujourd’hui, la frontière entre appartenance ethnique, appartenance religieuse et reconnaissance politique en Europe.

Financement : École des Hautes Études en Démographie (HED)

 k.kamisha[at]unistra.fr 

Sujet : « Devenir majeur à Mayotte. Bénéficier de ressources inégalement réparties : l’enjeu des institutions éducatives et socio-éducatives ». Sous la direction de Gilles Séraphin (Université Paris Nanterre/CREF) et Didier Breton (Université de Strasbourg/SAGE)

Description : À Mayotte, territoire insulaire dont la moitié de la population est mineure, le passage à la majorité met en évidence des inégalités de ressources particulièrement fortes. Dans un contexte post-colonial marqué par une évolution statutaire complexe, Mayotte est la seule île de l’archipel des Comores toujours administrée par la France. En dépit d’un statut départemental finalement obtenu en 2011, le cadre législatif aujourd’hui en vigueur multiplie les exceptions et les restrictions, au détriment d’une jeunesse qui peine à concrétiser ses projets et à s’insérer dans la société. L'objectif de cette thèse est d’analyser les inégalités de ressources entre jeunes et leurs effets sur l’entrée dans la vie adulte. À l’aide d’un travail de terrain permettant d’enlacer méthodes qualitatives et quantitatives, il s’agit notamment d’interroger l’effet de l’accès aux institutions éducatives et socio-éducatives sur les trajectoires de vie pré-majorité, et d’analyser les représentations et les projections de ces jeunes qui bénéficient pour beaucoup d’une citoyenneté au rabais.

Financement : Contrat doctoral UPN / École doctorale n° 139 “Connaissance, langage, modélisation”

 tanguy.mc[at]parisnanterre.fr 

Titre : « Urbanisation et fécondité en Afrique subsaharienne : Une analyse spatiotemporelle des dynamiques contemporaines de fécondité ». Sous la direction de Sylvie Dubuc (Université de Strasbourg/SAGE) et Bruno Schoumaker (UC Louvain)

Description : Ce projet vise à analyser les dynamiques contemporaines de la fécondité et de l’urbanisation en Afrique subsaharienne selon trois dimensions principales : (1) évaluer les tendances, l’hétérogénéité et les changements de composition de la fécondité selon différents types d’espaces ; (2) examiner les variations intra-urbaines de la fécondité en analysant les populations nouvellement urbanisées ; (3) étudier les dynamiques de fécondité dans les espaces transitionnels, caractérisés par une urbanisation rapide et des transformations structurelles. Pour ce faire, je m’appuierai sur des données géoréférencées (GPS), des techniques démographiques de décomposition et une classification spatiale affinée allant au-delà de la dichotomie rural-urbain classique.

Financement : École des Hautes Études en Démographie (HED)

 fabio.pastor-duarte[at]etu.unistra.fr 

Sujet : « Santé mentale et bien-être des étudiants en Europe après la crise sanitaire : enjeux de la mobilité et de la migration ». Sous la direction de Philippe Cordazzo (Université de Strasbourg/SAGE) et Joseph Larmarange (IRD/Ceped)

Description : La crise sanitaire liée à la Covid-19 a mis en avant une augmentation des troubles de la santé mentale dans la population. Depuis, cette question est devenue un enjeu majeur de santé publique. Parmi les groupes concernés, les étudiants étrangers — une population diverse et sous-étudiée — méritent une attention particulière.
Cette thèse a pour objectif d’évaluer la prévalence des troubles de la santé mentale chez les étudiants de plusieurs pays européens, à partir des données de l’enquête européenne harmonisée EUROSTUDENT 8. Il s’agira de comparer la santé mentale de trois groupes d’étudiants : les étudiants étrangers résidents, les étudiants étrangers en mobilité et les étudiants natifs du pays.
Cette thèse s’intéressera aussi à l’effet des conditions de vie et une attention particulière sera portée aux parcours migratoires des étudiants et aux situations de discrimination qu’ils peuvent rencontrer.
Enfin, il s’agira de déterminer l’influence des politiques nationales (en matière de santé, de migration et d’accès à l’enseignement supérieur) sur les écarts de santé mentale observés entre différents pays européens. Cette thèse vise ainsi à considérer les problématiques de santé mentale comme un enjeu européen et déterminer comment les sociétés européennes y font face et agissent.

Financement : Institut Thématique Interdisciplinaire Making European Society (ITI MAKErS, Université de Strasbourg) - Label HED

 t.perret[at]unistra.fr 

Sujet de thèse : « Partir ou rester : les mobilités étudiantes en question ». Sous la direction de Philippe Cordazzo (Université de Strasbourg/SAGE) et Yoann Doignon (CNRS/IDEES)

Description : Cette thèse a pour objectif de mesurer les différences de profil des étudiants en mobilité résidentielle à travers l'exploitation de trois sources de données : le Système d’Information et de Suivi des Étudiants (SISE), l’enquête Conditions de Vie et le recensement de la population. Il s’agira plus particulièrement de se concentrer sur deux transitions-clés : le passage du secondaire au supérieur, puis celui de la licence au master.Les mobilités résidentielles étudiantes s'inscrivent dans un contexte d'internationalisation de l'enseignement supérieur et de concurrence de ses établissements. Il s’avère donc nécessaire, lors de leur étude, de prendre en compte simultanément les caractéristiques socio-démographiques individuelles et les comportements démographiques liés à la transition vers l’âge adulte, mais également l’offre de formation et les caractéristiques des lieux de départ et arrivée.

Financement : École Doctorale 519 Sciences humaines et sociales - Perspectives européennes (ED SHS-PE)

 eugenia.prosperi[at]etu.unistra.fr 

Titre : “The Intersectionality of Well-Being in India”. Sous la direction de Sylvie Dubuc (Université de Strasbourg/SAGE) et Christophe Z. Guilmoto (CEPED/IRD)

Description : Social inequalities in India are deeply structured by the intersections of caste and gender. Despite broader social and developmental transformations, disparities across social groups persist, reflecting long-standing systems of stratification embedded in social, cultural, and regional contexts. In particular, caste-based hierarchies and gender norms interact to shape unequal access to resources, opportunities, and overall well-being. Existing research often examines caste or gender independently, thereby underestimating the compounded disadvantages experienced by individuals positioned at their intersection. This project adopts an intersectional framework to analyse how caste and gender jointly influence multidimensional well-being in India. The study further explores how regional contexts mediate these inequalities, asking whether state-level variations in institutional contexts, public provisioning, and social norms amplify or mitigate intersectional disadvantage. Ultimately, this work aims to contribute to a more nuanced understanding of structural inequality in India and to inform policies that address not only inequality in general, but the specific and layered disadvantages faced by socially marginalized groups.

Financement :  CNRS

 tapasya.raj[at]etu.unistra.fr 

Titre : « Vouloir moins d'enfants et les avoir donc plus tard ? Une analyse du désir d'enfant ». Sous la direction de Didier Breton (Université de Strasbourg/SAGE) et John Tomkinson (Université de Lille/CLERSE).

Description : En Europe, le recul du calendrier des maternités s’inscrivant dans le décalage de l’entrée dans la vie adulte est l’une des évolutions démographiques majeures du dernier demi-siècle. Ainsi, le retard du premier enfant entraîne mécaniquement le recul des enfants de rang supérieur. Les déterminants de ce report ont été largement étudiés, alors que ses effets démographiques restent encore peu explorés. En effet, dans certains pays, la descendance finale a baissé en même temps que le calendrier s’est allongé. Cela s’inscrit dans un contexte marqué par un âge idéal déclaré pour devenir mère ou père continuant à augmenter et par un désir d’enfant fluctuant au fil des âges reproductifs et des aléas de la trajectoire de vie entre 15 et 50 ans. Une descendance finale plus basse est-elle alors due à l’arrivée plus tardive du premier enfant ? Ou bien, est-elle la conséquence d’un désir de descendance globalement plus basse venant s’ajouter à un désir d’enfant moins arrêté par redéfinition de la hiérarchie des priorités, par manque de stabilité ou par mésentente chez les individus ou au sein des couples désirant fonder une famille et ayant in fine pour effet un premier enfant plus tardif ? 
Cette thèse analysera démographiquement le désir d’enfant, sa capacité à prédire ou non la descendance et son effet sur l’âge au premier enfant dans une approche comparative entre la France et les pays européens répondant à l’enquête GGS-II.

Financement : École des Hautes Études en Démographie (HED)

 ataviani[at]unistra.fr 

Titre : « Échapper à la norme de la conciliation travail-famille. Étude des mères au foyer et des femmes renonçant à la maternité ». Sous la direction de Didier Breton (Université de Strasbourg/SAGE) et Nathalie Le Bouteillec (Université de Picardie Jules-Verne/CURAPP-ESS).

Description : Dans un contexte de reconfigurations du rapport au travail, à la famille et à l’État, cette thèse étudie l’évolution de la norme de conciliation travail-famille à partir des trajectoires de femmes qui s’en écartent. Elle s’intéresse ainsi aux femmes sans enfant ou renonçant à une naissance supplémentaire, ainsi qu’à celles se retirant du marché du travail pour se consacrer au foyer. En appréhendant la norme par ses marges, il s’agira de déconstruire la notion de « choix » de ces trajectoires, en mettant en lumière les contraintes, compromis voire renoncements que cette norme implique, ainsi que les résistances qu’elle peut engendrer. Cette recherche repose sur une méthodologie mixte, composée d’un volet quantitatif mobilisant les données de GGS-II et de FamEmp afin d’analyser les profils et trajectoires familiales et professionnelles de ces femmes, et d’un volet qualitatif fondé sur des entretiens semi-directifs afin d'éclairer la mise en récit de ces trajectoires, les registres de justification mobilisés ainsi que les répercussions de ces écarts à la norme. 

Financement : École Doctorale 519 Sciences humaines et sociales - Perspectives européennes (ED SHS-PE)

 marie.varoqui[at]etu.unistra.fr